Sportifs de Légende “Ronaldo”

Posted on 08/17/18 No Comments

L’erreur serait de comparer Cristiano Ronaldo à Ronaldo pour la simple et bonne raison que ces deux joueurs ne sont pas comparables ! Débuter ce billet en « opposant » les deux joueurs va malheureusement dans ce sens mais il était important de clôturer le « débat » d’entrée ! Trop nombreuses sont les fois où nous avons débattu à ce sujet lorsqu’il s’agissait de parler « football ». D’ailleurs, les échanges ont pu être vifs ! Mais ils restent courtois, passionnés et viennent parfois rythmer la vie du bureau de l’association Humanitaria. En effet, le sport se prête tout à fait à la création de liens, à l’émergence d’une complicité voir (et surtout ?) à l’échange de vannes ! Donc rien que pour ça, Merci MONSIEUR Ronaldo mais le meilleur reste à venir…

  • Talent et pureté

Mais qu’est-ce que le talent ? Il y a sans doute différents stades, degrés et vous pensez bien que Ronaldo se situe en haut de cette échelle. La pureté est une notion rare, unique et c’est ce que nous inspire le talent du double ballon d’or (1997, 2002). Outre ses qualités athlétiques jadis exceptionnelles, Ronaldo surprend en permanence, invente des enchaînements en fonction des situations de jeu. Ce brin de créativité, ces fulgurances de génie même, sont l’une des marques de fabrique du Brésilien au point d’en devenir insaisissable pour ses vis-à-vis. Il y a de nombreux joueurs offensifs face auxquels il est possible de prévoir, d’anticiper une réaction, un dribble, une intention mais face à Ronaldo c’est impossible. Ses feintes, sa puissance, sa lecture du jeu sont tellement fluides et limpides que votre statut s’apparente quasi systématiquement à celui d’une victime ! C’est le ressenti qu’il nous procure en tant que spectateurs mais c’est aussi celui de grands défenseurs comme l’expliquait Alessandro Nesta :

« Pour moi, Ronaldo a été l’attaquant le plus fort de tous. La première année en Italie… (il soupire) J’ai joué contre lui en finale de la Coupe UEFA à Paris, en 1998, je n’ai jamais vu un joueur jouer aussi bien une rencontre de football. Cela a peut-être duré peu, parce qu’après il s’est brisé le genou, mais selon moi, c’était vraiment le plus fort. Je mets Messi derrière lui, c’est aussi un phénomène. Les autres attaquants, tu peux toujours comprendre ce qu’ils vont faire. Mais ces deux là sont imprévisibles. Ce que la plupart des gens font en état statique, eux ils le font en pleine course, à 200 km/h. Ce sont des martiens. »

On perçoit l’admiration chez l’ancien international italien, et comme les mots ne suffisent pas toujours, je vous laisse constater par vous-même… C’était le 6 mai 1998 au Parc des Princes…

Aussi arrogant, corrosif et provocateur qu’il puisse être, Zlatan  Ibrahimovic se met également à nu. Ronaldo – Il Fenomeno – était son modèle étant jeune, une véritable source d’inspiration comme il l’expliquait sur le plateau de Bein Sport. Mieux encore, lors d’un match opposant le Milan AC à l’Inter, les deux hommes se croisent et l’admiration que porte Zlatan à son idole ne fait pas l’ombre d’un doute, certains regards ne trompent pas !

  • L’attaquant “clinique”

Avec des “si”, nous pourrions refaire le monde ! Il restera toujours un arrière-goût d’inachevé concernant Il Fenomeno. Non pas en raison de son immense talent ou de ses performances mémorables mais tout simplement à cause de ses blessures. En effet, Ronaldo connaît une première blessure le 21 novembre 1999 lors d’un match face à Lecce où on lui diagnostique une rupture partielle du tendon rotulien. S’ensuit une seconde blessure cinq mois plus tard lors de la finale de la Coupe d’Italie face à la Lazio de Rome.

Ce jour-là, le retour du Brésilien est tellement attendu… Pour preuve, n’ayant pas accès à Canal +, je suis l’un de ceux qui regarde le match en crypté… Au moment de la rentrée de Ronaldo, nous sommes surexcités mais la jubilation retombe sept minutes plus tard lorsque notre joueur favori s’écroule… Rupture totale du tendon rotulien ! Les tifosis de l’Inter n’ont plus que les yeux pour pleurer d’autant plus qu’après cette seconde blessure grave, Ronaldo ne jouera que très peu de matchs sous le maillot interiste.

Il apparaît évident que le fait d’imaginer une suite alternative à ces blessures a toujours trottiné dans l’esprit des fans du Brésilien. D’ailleurs, pour celles et ceux qui ne saisissent toujours pas, voici un petit recap du nombre de buts inscrits par le joueur sur le continent Européen avant sa blessure :

PSV Eindhoven (1994/1996) : 54 buts en 57 matchs
FC Barcelone (1996/1997) : 47 buts en en 49 matchs
Inter Milan (1997/1999) : 49 buts en 72 matchs
Sélection du Brésil (1994/1999) : 32 buts en 46 matchs

Au total, Ronaldo a inscrit 182 buts en 224 matchs toutes compétitions confondues entre 1994 et 1999 ! Même des références actuelles comme Messi ou Cristiano Ronaldo n’ont jamais connu un début de carrière assorti d’une telle efficacité devant le but. Rappelons que Ronaldo a débarqué aux Pays-Bas à l’âge de 17 ans et qu’il est régulièrement gêné par un problème à l’articulation du genou gauche lors de sa seconde saison dans le championnat Eredivisie… Et dire que certains “incultes ” utilisent le sobriquet d’El Gordo lorsqu’il s’agit de clarifier de quel “Ronaldo” il est question… Il n’y a plus qu’à espérer que ces inconscients s’arrêtent un jour sur ce petit billet !

  • Dream come true !

Ce premier volet des articles consacrés aux sportifs de légende a instinctivement été dédié à Ronaldo. Ce choix n’a pas été difficile car à l’instar de Zlatan, le goleador brésilien était mon joueur fétiche et j’ai eu la chance de le voir jouer “en vrai” le 14 mai 1997. En effet, suite à une victoire 3-2 en demi-finale face au Liverpool FC, le PSG se qualifie en finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Après avoir parcouru en car une distance de 450 km, nous arrivons à Rotterdam dans une ville où les jeunes supporters du Feyenoord nous accueillent en scandant quelques chants bien locaux. Le ton est donné et ce n’est pas sans appréhension que je pénètre dans l’enceinte du stade De Kuip. Les Socios du Barça sont présents sans pour autant nous inquiéter, notre angoisse est due à l’unique présence de l’international brésilien.

L’émotion et l’admiration atteignent leur paroxysme lorsque Ronaldo entre sur le terrain, c’est sans aucun doute l’un de mes plus beaux souvenirs dans un stade de foot. Peu importe que Ronaldo évolue sous le maillot catalan, je mesure cette chance et me délecte de sa présence. Le scénario du match est serré mais vient le moment où l’arbitre accorde un penalty aux Espagnols suite à une faute de Bruno N’Gotty sur… Ronaldo. Il Fenomeno place le ballon sur le point de penalty et j’ai beau m’égosiller dans les tribunes à crier “à ta gauche” à Bernard Lama,  rien n’y fait ! L’emblématique portier du PSG est pris à contre-pied…

C’est finalement le FC Barcelone qui remporte pour la quatrième fois cette compétition sur un penalty et malgré la déception et les provocations du génie bulgare Hristo Stoitchkov, je reste zen intérieurement car je mesure le magnifique moment que je viens de vivre. C’est un souvenir inoubliable. Mon respect à l’égard de Ronaldo et ce qu’il a apporté au football restera indéfectible. Sa carrière, son palmarès sont de taille et un billet ne suffira pas pour retracer son parcours et énumérer ses qualités de footballeur. Ronaldo n’était pas un “simple” buteur, ses attributs étaient nombreux tout comme sa capacité à rebondir. A titre d’exemple, il inscrit 104 buts en 177 matchs avec le Real Madrid et remporte la Coupe du Monde en 2002 assorti d’un ballon d’or la même année. Ces succès sont acquis après trois saisons quasi blanches.

En bref, rares sont, et rares seront les joueurs capables d’impacter le jeu comme Ronaldo l’a fait. Il provoquait l’admiration, la crainte et le respect aussi bien chez les joueurs et que chez les supporteurs. Ronaldo, le “style R9”  et ses performances exceptionnelles resteront inamovibles, éternelles… C’est donc avec une pointe de nostalgie que nous refermons ce premier volet consacré aux sportifs de légendes. Le prochain opus sera dédié à El Manufico a.k.a Emmanuel Ginobili !